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Retraite des femmes dans la loi de finance : ce qui pourrait changer en 2026

 

Le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) 2026 pourrait contenir des mesures visant à favoriser les femmes, notamment les mères de famille. Ces mesures aspireraient à compenser les effets des carrières morcelées, interruptions ou salaires plus faibles. Elles s’inscriraient dans un cadre plus large de réforme des retraites, encore soumis à arbitrage parlementaire.

 

Vers un calcul plus favorable du salaire annuel moyen pour les mères

De quoi s’agirait-il ?

Actuellement, pour le régime général, la pension de base est calculée à partir des 25 meilleures années de revenus. Ce mode défavorise souvent les femmes dont la carrière a connu des baisses de revenus (temps partiel, congés maternité, interruptions, etc.).

D’après les orientations du PLFSS 2026, le calcul du salaire annuel moyen (SAM) serait ajusté selon le nombre d’enfants : pour une mère d’un enfant, on retiendrait les 24 meilleures années ; pour une mère de deux enfants ou plus, les 23 meilleures années.

Cette mesure, si elle était adoptée, concernerait environ 50 % des femmes liquidant leur retraite à compter de 2026.

Exemple chiffré hypothétique

Prenons l’exemple d’une femme qui :

  • a travaillé 35 ans,
  • a eu deux enfants,
  • a eu des années de bas salaire (temps partiel, périodes creuses)
  • Sans la réforme : le calcul porte sur les 25 meilleures années, incluant les années « faibles ». Supposons un salaire annuel moyen (SAM) de 28 000 €, ce qui conduit à une pension de base à taux plein d’environ 1 200 €/mois (hypothèse).
  • Avec la réforme (23 meilleures années) : en retirant les années les moins favorables, le SAM pourrait, dans cet exemple, atteindre 30 000 €. La pension de base pourrait alors être majorée d’environ 80 à 120 €/mois, selon les revenus exacts et la durée de cotisation.

Cette modification du mode de calcul montre qu’en cas de carrière hachée ou de revenus irréguliers, la réforme pourrait réellement améliorer le niveau de retraite.

 

Vers une meilleure prise en compte de la maternité et de la durée d’assurance pour carrière longue

Quelles mesures sont envisagées ?

Le PLFSS 2026 envisagerait aussi de permettre la prise en compte des majorations de durée d’assurance liées à la naissance ou à l’éducation d’un enfant dans le cadre du dispositif « carrière longue ». Ces majorations pourraient compter, dans la limite de deux trimestres, pour ouvrir le droit à retraite anticipée.

À qui cela s’adresserait-il ?

Aux mères de famille, salariées du privé ou du public, partant à la retraite à compter de 2026.

Contexte législatif et incertitudes

Depuis l’annonce du budget 2026, le gouvernement a indiqué vouloir « améliorer la retraite des femmes ».
Mais rien n’est acté à ce stade. Le texte du PLFSS 2026, avec ses mesures, reste soumis au débat parlementaire et à d’éventuelles modifications.

D’autre part, le contexte politique actuel évoque aussi la suspension possible de certaines dispositions de la réforme 2023.

Cela signifie que les annonces pour les femmes doivent être suivies avec prudence ; elles pourraient évoluer avant adoption finale.

 

Limites, précautions et points à surveiller

 

  • Ces réformes sont présentées comme des propositions : leur mise en œuvre dépendra notamment des arbitrages parlementaires.
  • L’impact réel variera beaucoup selon le parcours professionnel : les femmes ayant eu une carrière régulière percevront un bénéfice plus faible.
  • Même en cas d’adoption, les gains liés aux ajustements ne compenseront pas nécessairement les inégalités salariales persistantes ou les interruptions longues.
  • Enfin, les majorations de trimestres restent limitées : elles ne couvriront pas toujours l’ensemble des conséquences d’une carrière fortement morcelée.

 

Conclusion : des annonces encourageantes… sous conditions

 

Les mesures inscrites dans le projet de loi de finances 2026 pourraient incarner une réelle avancée pour les femmes mères de famille. Le recalcul du Salaire Annuel Moyen (SAM) et la prise en compte des trimestres « famille » sont des pistes crédibles pour corriger certaines inégalités structurelles.

Mais à ce stade, tout reste au conditionnel. L’adoption définitive dépend du débat parlementaire. Chaque personne concernée devra donc rester vigilante, vérifier son relevé de carrière et simuler différents scénarios.

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